Hellfest Libre

Qui sont les vrais satanistes aujourdhui ?

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« Suite au détournement de mes propos parus dans Ouest France par les groupes anti-hellfest, j’ai écrit cet article pour apporter ma pierre au sein de cette polémique regrettable.
Ce texte n’engage que moi (et pas l’Eglise catholique en tant que telle).
D’autres pensent différemment… C’est un avis personnel (et une analyse personnelle) émanant d’un prêtre catholique.
signé Robert Culat ».

Qui sont les vrais satanistes aujourd’hui ?

Problématique

C’est en pensant à certains jeunes métalleux que j’écris cet article. Dans mon étude de 2000 sur « la planète Metal », 15% des sondés se sont déclarés croyants contre 5% seulement qui se reconnaissaient dans le satanisme. Pour ma part je connais des amateurs de Metal qui sont catholiques pratiquants et même engagés dans l’Eglise (par exemple à l’hospitalité Notre-Dame de Lourdes). Le festival Metal « Hellfest » qui se tient à Clisson cette année du 19 au 21 juin vient de rallumer une polémique virulente entre certains catholiques choqués demandant aux collectivités locales et aux sponsors de ne plus donner d’argent pour cet événement et le milieu de la scène Metal. De jeunes catholiques, fans de Metal, se sentent rejetés par leur famille à cause de leur goût pour cette musique. On les menace même des dangers les plus graves (infestation ou possession diaboliques, péché mortel, « aller en enfer » etc.) au cas où ils iraient à des concerts ou des festivals Metal… La lecture de mon livre (L’âge du Metal aux éditions Camion Blanc) a permis parfois de rétablir le dialogue et la compréhension entre parents et jeunes, j’en ai eu des échos directs et encourageants. Dans le cadre de cet article, je voudrais poser la question suivante à propos du satanisme en France : celle de l’arbre qui cache la forêt… Autrement dit : est-ce que certains catholiques ne se trompent-ils pas de combat et de priorité en focalisant de manière excessive leur attention sur les liens entre satanisme et culture Metal (l’arbre), en oubliant un satanisme beaucoup plus insidieux (la forêt), parce que caché, mais ayant des conséquences infiniment plus désastreuses pour notre société ? A cette question, j’en ajouterai une autre qui me semble tout aussi essentielle du point de vue pastoral : Dans le cas qui nous concerne, demander l’interdiction ou la censure d’un festival ou d’un concert, est-ce la solution la plus efficace pour promouvoir la cause de l’Evangile et de la foi parmi des jeunes qui sont généralement très éloignés du christianisme ? Dans une société sécularisée comme la nôtre, l’appel à la censure d’une manifestation musicale et culturelle de la part de certains catholiques sert-elle ou au contraire dessert-elle la cause de l’évangélisation des jeunes ? Les réponses que je donnerai à ces questions tout au long de mon argumentation ne sont pas infaillibles, et j’admets très bien d’autres points de vue s’ils sont argumentés. Simplement j’ai pour moi une longue et riche expérience du milieu Metal : j’ai fréquenté et je fréquente toujours des métalleux français, j’ai aussi participé à quelques concerts.

1°/ Le Christ est vainqueur de Satan

En entendant ou en lisant les propos de certains catholiques, j’ai la désagréable impression qu’ils sont manichéens. Comme si Satan et le Christ se livraient une lutte sans merci sur un pied d’égalité avec la peur que Satan puisse triompher… Comme si, aussi, il y avait d’un côté les bons cathos (qui n’ont jamais rien à se reprocher) et les mauvais métalleux sataniques… Ces derniers étant bien sûr à l’origine de tous les maux de notre société ! Comme si, enfin, certains catholiques étaient incapables de proposer la Bonne Nouvelle de manière positive, sereine et non-polémique… Avec le sentiment que pour ces catholiques la polémique, la condamnation d’autrui sont des moyens habituels pour se faire valoir et exister. Bref ces catholiques reproduisent exactement ce qu’ils condamnent chez les « métalleux sataniques », mais en l’inversant ! Nous nous sentons attaqués, donc nous attaquons. Saint Paul nous donne la manière chrétienne de réagir : « Ne rendez à personne le mal pour le mal… Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais sois vainqueur du mal par le bien » (Romains 12, 17.21). Une chose est de dénoncer le mal (un message satanique par exemple), autre chose est de condamner les personnes et de refuser un dialogue franc, honnête et constructif avec elles… A supposer que certains groupes de Metal soient nos ennemis… Nous sommes tenus par l’Evangile d’aimer les personnes, même celles que nous considérons à tord ou à raison comme nos ennemis (Matthieu 5,44) ! L’esprit manichéen nous renvoie fatalement à la situation d’avant l’Evangile, celle de l’ « œil pour œil, dent pour dent » (Mathieu 5, 38-42).

L’Evangile nous dit que Satan a une certaine emprise ou influence sur notre monde. En saint Jean, Jésus parle de lui à trois reprises (12, 31 / 14, 30 / 16,11) en l’appelant « le prince de ce monde ».  Mais de manière significative il en parle comme d’un vaincu : « Le prince de ce monde va être jeté dehors » ; « Le prince de ce monde est déjà condamné ». Jésus n’a jamais appelé ses disciples à la peur par rapport à la présence de Satan dans ce monde : « Ayez confiance : moi, je suis vainqueur du monde » (Jean 16, 33). Avant même le mystère pascal, les disciples partagent cette victoire sur le mal et le démon avec leur Maître, et le Christ commente ainsi leur rapport de mission : « Je voyais Satan tomber du ciel comme l’éclair » (Luc 10, 18). L’enseignement du Nouveau Testament est constant sur ce point : si nous devons être vigilants par rapport à Satan, nous ne devons pas en avoir peur car, par notre foi, nous en sommes vainqueurs (1 Pierre 5, 8.9). Avoir peur serait le signe d’un manque de foi de notre part. En saint Paul comme en saint Jean, cette vérité est répétée de nombreuses fois : « Le Dieu de la paix écrasera rapidement Satan sous vos pieds » (Romains 16, 20) ; « Je vous l’ai dit à vous, les plus jeunes : ‘Vous êtes forts, la parole de Dieu demeure en vous, vous avez vaincu le Mauvais’ » (1 Jean 2, 14). Cf. aussi 1 Jean 4, 4 et 1 Jean 5, 18.

2°/ Les lieux de la tentation

Si nous voulons savoir qui sont les vrais satanistes, il est essentiel pour nous de repérer quels sont les moyens pris par Satan pour nous tenter et nous détourner de Dieu : c’est ce que j’appelle ici les lieux de la tentation.

Parmi les évangélistes qui rapportent la tentation du Christ par Satan au début de son ministère public, Matthieu et Luc nous donnent en détail le développement des trois tentations (Matthieu 4, 1-11 / Luc 4, 1-13). Cet événement est situé après le baptême. Notons bien que c’est sous l’impulsion de l’Esprit que Jésus est conduit au désert pour y être tenté par le démon. Ce qui pourrait paraître paradoxal : Comment l’Esprit de Dieu peut-il nous conduire dans un lieu de tentation ? Jésus est vraiment homme et à ce titre il doit vivre tout ce que comporte notre condition humaine à l’exception du péché. L’Esprit ne nous est pas donné pour nous dispenser de la réalité de notre condition humaine, l’Esprit nous est plutôt donné comme une force pour affronter la tentation et en être vainqueur. Mais comment être vainqueur si l’on fuit le lieu du combat ? Dans les deux premières tentations, le démon demande à Jésus de faire une démonstration éclatante de sa divine puissance. Quelle arme utilise le Seigneur pour déjouer ces tentations du pouvoir par la puissance ? La parole de Dieu. Relevons au passage que dans les deux premières tentations, Satan propose au Fils de Dieu d’adopter sa propre méthode pour se faire reconnaître et obtenir la gloire qui vient des hommes : accomplir des prodiges ! L’Apocalypse nous décrit en effet une bête qui « fait de grands prodiges » : « Elle a même fait tomber sur terre le feu du ciel à la vue de tous. C’est ainsi qu’elle égare les habitants de la terre grâce aux prodiges qu’on lui a donné de faire au service de cette bête (la première) » (13, 13.14. Cf. aussi Apocalypse 19, 20). Dans la troisième et dernière tentation, le démon se dévoile vraiment : son but est que le Fils de Dieu l’adore ! Que recherche le Mauvais ? Qu’on le prenne pour Dieu, qu’on le considère comme s’il était Dieu, alors qu’il n’est qu’une créature angélique, déchue à cause de son orgueil… Il incite donc au péché d’idolâtrie. Les musiciens Metal ne se feraient-ils pas « adorer » par leurs jeunes fans ? Dans l’ensemble, cette attitude n’est pas habituelle dans le Metal. Car même s’il y a des leaders, le culte de la personnalité est toujours atténué par le fait que l’on joue en groupe. En outre j’ai pu constater par moi-même combien les musiciens Metal peuvent être simples et rester proches de leurs fans, dans la mesure où ils sont intègres et que l’argent n’est pas leur premier but… Ce qui n’est pas le cas de tous, bien sûr ! J’ai rencontré personnellement backstage à deux reprises le leader d’un groupe qui commence à avoir une envergure internationale dans cette scène, Mike d’Opeth, et je peux témoigner de la facilité avec laquelle j’ai pu le rencontrer et de la simplicité avec laquelle il m’a accueilli. La tentation de l’idolâtrie est bien plus forte dans le « star system » du cinéma, de la musique pop, de la variété et du sport. Qu’il nous suffise de citer Rudolph Valentino (+ 1926), James Dean (+ 1955), Elvis Presley, « The King » (+ 1977) et Claude François (+ 1978). La plupart de ces artistes idolâtrés par leurs fans ont suscité des phénomènes d’hystérie collective et même des suicides de fans (après la mort accidentelle de James Dean par exemple). Quand Chuck Schuldiner, le fondateur et leader américain du groupe Metal Death, est tombé malade à cause d’un cancer, sa famille n’a pas pu assumer les frais médicaux, exorbitants aux Etats-Unis, vu le système de santé en vigueur. Les fans de Metal du monde entier ont alors fait preuve d’une grande solidarité en collectant des fonds. Malgré cet élan de solidarité, Chuck est décédé le 13/12/2001 d’une tumeur au cerveau. Un texte essentiel pour connaître les lieux de la tentation se trouve dans la première lettre de saint Jean (2, 15-17) : « N’ayez pas l’amour du monde, ni de ce qui est dans le monde. Si quelqu’un aime le monde, il n’a pas en lui l’amour du Père. Tout ce qu’il y a dans le monde […], tout cela ne vient pas du Père, mais du monde. Or, le monde avec ses désirs est en train de disparaître. Mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure pour toujours ». Il nous faut comprendre ici le mot « monde » dans le sens propre à saint Jean. Certaines fois ce mot a une valeur positive (le monde = la création), mais la plupart du temps il a une connotation négative : le monde en tant que soumis justement à l’emprise de Satan. L’évangéliste cite trois désirs contraires à l’amour de Dieu […]. Je les retranscris ici sous forme de tableau, pour avoir plusieurs traductions en parallèle.

Bible des Peuples Bible Osty Bible de Jérusalem Traduction liturgique
1°/ Désir de la chair Convoitise de la chair Convoitise de la chair Désirs égoïstes de la nature humaine
2°/ Avidité des yeux Convoitise des yeux Convoitise des yeux Désirs du regard
3°/ Arrogance des riches Forfanterie des biens Orgueil de la richesse Orgueil de la richesse

Nous avons en saint Jean les trois lieux principaux de la tentation. La traduction liturgique est la plus compréhensible.

Le premier de ces lieux correspond aux « désirs égoïstes de la nature humaine ». Notre nature humaine est en effet marquée non seulement par le péché originel mais par tous les péchés que personnellement nous pouvons commettre. Et c’est bien sur la faiblesse de notre nature humaine blessée que le tentateur va jouer pour nous conduire à ses fins. Notre égoïsme naturel est donc le meilleur allié de Satan. Nous vivons, du moins dans les pays dits développés, dans une atmosphère de plus en plus individualiste.

Le deuxième lieu correspond aux « désirs du regard ». C’est en fait le besoin de posséder toujours davantage (Cf. la troisième tentation de Jésus : « Le démon … lui fait voir tous les royaumes du monde avec leur gloire »). Ces désirs peuvent se porter autant sur la belle voiture du voisin que sur sa femme… C’est bien la convoitise qui nous est interdite par l’un des dix commandements (Cf. Exode 20, 17). Si le premier lieu allait de pair avec l’égoïsme, le deuxième flirte bien souvent avec la jalousie.

Quant au troisième lieu, il est certainement le plus dangereux de tous : « l’orgueil de la richesse ». Il nous renvoie, lui aussi, à la troisième tentation du Christ. L’attrait immodéré pour les biens matériels et pour l’argent est mis en relation avec le plus grave des péchés capitaux : l’orgueil, celui justement par lequel Lucifer est devenu Satan. Il est lié au désir du pouvoir. Il peut aussi conduire à l’avarice. Parmi ces trois convoitises, la dernière est la plus nocive. Saint Paul, dans sa première lettre à Timothée, consacre un long passage à l’amour de l’argent : « La racine de tous les maux, c’est l’amour de l’argent » (1 Timothée 6, 10). Quant à saint Jacques il condamne sévèrement les riches qui sont injustes et indifférents aux souffrances des autres : « Des travailleurs ont moissonné vos terres, et vous ne les avez pas payés ; leur salaire crie vengeance, et les revendications des moissonneurs sont arrivées aux oreilles du Seigneur de l’univers. Vous avez recherché sur terre le plaisir et le luxe, et vous avez fait bombance pendant qu’on massacrait des gens. Vous avez condamné le juste et vous l’avez tué, sans qu’il vous résiste » (Jacques 5, 1-6).

Au 16ème siècle, Saint Ignace de Loyola s’est probablement inspiré du texte de saint Jean pour dépeindre à ceux qui font une retraite spirituelle la tactique du démon dans la méditation des deux étendards : les démons « doivent d’abord tenter par la convoitise des richesses comme cela arrive le plus souvent, pour que les hommes en viennent plus facilement à l’honneur vain du monde et, ensuite, à un immense orgueil » (n° 142 des Exercices spirituels).

Sur ce point de notre réflexion une citation du Catéchisme pour adultes des évêques de France nous éclairera encore davantage :

« L’amour et l’adoration de Dieu exigent un dépouillement de soi-même. Peu à peu, si l’on refuse de faire place à Dieu, « les soucis, la richesse et les plaisirs de la vie » (Luc 8,14) étouffent la Parole. L’homme en proie au « divertissement » oublie Dieu. Cet oubli est tragique: à la longue, coupé de sa source vivante, l’homme se déshumanise.

L’homme moderne, comme l’homme primitif, cède facilement à la tentation des idoles… L’argent, la réussite, le plaisir, le pouvoir sont des serviteurs utiles. Mais quand ils deviennent les maîtres, ils se transforment en idoles qui prennent la place du Dieu vivant et vrai, dans nos cœurs et dans nos civilisations (cf. Luc 8,14). » (n°547).

Si nous voulons savoir qui sont les vrais satanistes aujourd’hui, regardons ceux qui, parmi nos contemporains, n’ont d’autre but dans leur vie que la recherche de l’argent (le profit), de la réussite, du plaisir et du pouvoir… Nous sommes bien loin des jeunes métalleux participant au Hellfest… A ce stade de notre réflexion, comment ne pas dire un mot du fondateur du « satanisme moderne », Anton S. La Vey ? C’est lui qui a fondé en 1966 à San Francisco l’Eglise de Satan. Il est l’auteur de la Bible satanique dans laquelle nous trouvons les neufs commandements. J’en citerai ici quelques uns :

« Satan représente l’indulgence, plutôt que l’abstinence !

Satan représente la bonté pour ceux qui la méritent, au lieu de la prodigalité gaspillée pour des ingrats !

Satan représente la vengeance, plutôt que le pardon.

Satan représente la responsabilité à ceux qui savent l’assumer, plutôt que de se soucier des vampires psychiques !

Satan représente les prétendus péchés, puisque ceux-ci mènent à la gratification physique, mentale, ou émotionnelle ! »

Le satanisme contemporain n’est en fait pas très original puisqu’il se contente de suivre « les désirs égoïstes de la nature humaine ». Il est individualisme et hédonisme. Si nous acceptons cette définition du satanisme, alors force est de constater que beaucoup de nos contemporains sont des satanistes qui s’ignorent. Ils n’ont pas besoin pour ce faire d’écouter du black metal ! Il leur suffit de se laisser imprégner par l’atmosphère matérialiste et consumériste qui domine les pays de l’hémisphère nord, et qui étend de plus en plus son influence dans des pays plus pauvres.

L’argent, la réussite, le plaisir, le pouvoir : en reprenant les idoles citées par le Catéchisme nous constatons aussi que les vrais satanistes sont souvent dans nos sociétés occidentales des personnes haut placées, avec un look costard-cravate qui n’a rien de provocateur, bien au contraire : bref des puissants, des personnes qui ont une influence importante sur la société. La liste serait longue à dresser : les milieux de la finance, du commerce, de l’industrie, de l’exploitation des enfants par le travail, de la recherche scientifique et génétique, de la politique, de la justice, des narcotrafiquants, du commerce du sexe, des marchands d’armes, des diverses mafias etc. Je parle de « milieux » volontairement pour affirmer que, par exemple, dans la banque, la politique et l’industrie, il y a bien sûr de nombreuses personnes honnêtes et droites, ayant une éthique. Dans cette liste je ne mets pas sur le même plan, c’est évident, par exemple le milieu politique et le milieu mafieux, même si tout un chacun sait que malheureusement il y a bien des passerelles entre ces deux milieux… Mais ces milieux sont souvent gangrenés par la soif du pouvoir, la soif du profit et par une mentalité égoïste assez proche du dicton : « Après moi, le déluge ». Je prendrai un seul exemple. Le Compendium de la Doctrine sociale de l’Eglise consacre tout un chapitre (le dixième) à la sauvegarde de l’environnement, ce qu’habituellement on appelle écologie. Si les responsables politiques et industriels n’ont pas une vue à long terme de la situation, s’ils raisonnent uniquement en terme de coût et de rentabilité, alors ils continueront à remettre à demain les réformes nécessaires pour aujourd’hui dans ce domaine. L’environnement, la création, est l’œuvre de Dieu. Détruire, enlaidir, polluer et abîmer notre environnement est une œuvre satanique car elle s’attaque à l’œuvre de Dieu. Comme l’affirme le Compendium seule la solidarité nous permettra de surmonter l’égoïsme et ses conséquences : les structures de péché.

« La solidarité doit être saisie avant tout dans sa valeur de principe social ordonnateur des institutions, en vertu duquel les « structures de péché » qui dominent les rapports entre les personnes et les peuples doivent être dépassées et transformées en structures de solidarité, à travers l’élaboration ou la modification opportune de lois, de règles du marché ou la création d’institutions. » (n°193)

Le lieu fondamental de la tentation, par lequel Satan veut régir notre monde, est bien l’idole de l’argent. La plupart des graves maux qui affectent notre planète et l’humanité proviennent du culte de l’argent, du profit, de la rentabilité, de la richesse et des biens matériels. Beaucoup de guerres par exemple ont des motivations essentiellement économiques… Et s’il n’y avait plus de guerre, comment les industriels de l’armement pourraient-ils survivre ? Ce lieu de la tentation ne date pas d’aujourd’hui, nous l’avons vu en étudiant très rapidement la tradition biblique. Simplement nous constatons qu’aujourd’hui un certain système économique sans frein ni morale fait des dégâts considérables, en plongeant toujours davantage dans la misère et la précarité des masses d’hommes simples, et en enrichissant toujours plus une petite « élite » de privilégiés… Si cela n’équivaut pas à jouer le jeu de Satan, alors nous ne voyons plus très bien où serait son domaine de prédilection… Jésus a été très clair : « Aucun domestique ne peut servir deux maîtres : ou bien il détestera le premier, et aimera le second ; ou bien il s’attachera au premier, et méprisera le second. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent » (Luc 16, 13). Et Jésus d’ajouter à l’intention des pharisiens qui aimaient l’argent : « Vous êtes, vous, ceux qui se présentent comme des justes aux yeux des hommes, mais Dieu connaît vos cœurs, car ce qui est prestigieux chez les hommes est une chose abominable aux yeux de Dieu » (Luc 16, 15). L’Evangile nous invite à la clairvoyance, à ne pas être dupes des manœuvres du démon. Quand certains croyants considèrent des fans et des groupes de Metal comme des suppôts de Satan, des personnes dangereuses pour la société, et qu’ils ne voient pas toute la connivence diabolique qui existe derrière la façade respectable de certains hommes puissants et influents, ils s’aveuglent et se trompent de combat. Satan ne demande que ça, il peut continuer son œuvre de manière d’autant plus efficace qu’elle demeure cachée et discrète. Il se réjouit de cet arbre (le Metal) qui cache la forêt (Beaucoup de puissants en ce monde)…

3°/ Réflexions à propos du blasphème

Parmi les critiques que l’on peut adresser à certains groupes de Metal, la plus fréquente consiste à relever des paroles antichrétiennes, sataniques ou blasphématoires. En sachant que si ces qualificatifs peuvent se rejoindre d’un certain point de vue, ils ne sont pas toujours équivalents. On peut critiquer le christianisme sans être pour autant un sataniste. Nous allons étudier ce qu’est le blasphème dans la théologie catholique. Ce qui nous permettra de mieux aborder cette question des paroles blasphématoires, particulièrement dans le black metal.

Tout d’abord voyons la définition du blasphème dans le Catéchisme de l’Eglise catholique :

« 2148 Le blasphème s’oppose directement au deuxième commandement. Il consiste à proférer contre Dieu – intérieurement ou extérieurement – des paroles de haine, de reproche, de défi, à dire du mal de Dieu, à manquer de respect envers Lui dans ses propos, à abuser du nom de Dieu. S. Jacques réprouve  » ceux qui blasphèment le beau Nom (de Jésus) qui a été invoqué sur eux  » (Jacques 2, 7). L’interdiction du blasphème s’étend aux paroles contre l’Église du Christ, les saints, les choses sacrées. Il est encore blasphématoire de recourir au nom de Dieu pour couvrir des pratiques criminelles, réduire des peuples en servitude, torturer ou mettre à mort. L’abus du nom de Dieu pour commettre un crime provoque le rejet de la religion.

Le blasphème est contraire au respect dû à Dieu et à son saint nom. Il est de soi un péché grave. » (Cf. aussi le n°447 de l’abrégé du même Catéchisme).

Dans le Nouveau Testament, il est intéressant d’étudier certains textes à propos du blasphème. Nous nous limiterons à deux « lieux » qui nous semblent particulièrement importants. Le premier de ces lieux nous ramène au pied de la Croix, au Golgotha. Saint Luc nous rapporte les réactions de ceux qui sont là au pied de la Croix : « Le peuple restait à regarder. Quant aux chefs, ils ricanaient en disant : ‘Il en a sauvé d’autres, qu’il se sauve lui-même s’il est le Messie de Dieu, l’Elu.’ Les soldats aussi le tournèrent en ridicule lorsqu’ils s’approchèrent pour lui présenter du vin acidulé ; ils lui disaient : ‘Sauve-toi toi-même, si tu es le roi des Juifs.’ » (Luc 24, 35-37). Nous avons bien ici des paroles blasphématoires, de défi, adressées au Fils de Dieu. Notons la ressemblance avec le discours du tentateur au désert : « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent du pain » (Matthieu 4, 3). Quelle est la réaction du Christ, agonisant en Croix ? Une condamnation des blasphémateurs ? Une demande de vengeance à Dieu ? « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 24, 34). Cette prière de Jésus pleine de douceur et de miséricorde non seulement demande le pardon de Dieu pour les blasphémateurs, mais encore les excuse en quelque sorte… Ils ont des circonstances atténuantes, car « ils ne savent pas ce qu’ils font ». La doctrine morale de l’Eglise est fidèle au Christ lorsqu’elle étudie ce qui fait qu’un péché grave (le blasphème en fait partie) est aussi un péché mortel (qui nous met en enfer, séparé de Dieu pour toujours). Pour qu’un péché soit mortel au niveau spirituel, il faut non seulement une matière grave mais aussi la pleine conscience et le propos délibéré.

« 1859 Le péché mortel requiert pleine connaissance et entier consentement. Il présuppose la connaissance du caractère peccamineux de l’acte, de son opposition à la Loi de Dieu. Il implique aussi un consentement suffisamment délibéré pour être un choix personnel. L’ignorance affectée et l’endurcissement du cœur (cf. Marc 3, 5-6 ; Luc 16, 19-31) ne diminuent pas, mais augmentent le caractère volontaire du péché.

1860 L’ignorance involontaire peut diminuer sinon excuser l’imputabilité d’une faute grave. Mais nul n’est censé ignorer les principes de la loi morale qui sont inscrits dans la conscience de tout homme. Les impulsions de la sensibilité, les passions peuvent également réduire le caractère volontaire et libre de la faute, de même que des pressions extérieures ou des troubles pathologiques. Le péché par malice, par choix délibéré du mal, est le plus grave. »

« Cependant si nous pouvons juger qu’un acte est en soi une faute grave, nous devons confier le jugement sur les personnes à la justice et à la miséricorde de Dieu. » (N° 1861).

Ceux qui défient Jésus au pied de la croix en se moquant de lui (Les chefs du peuple Juif et les soldats romains) ne savent pas qui est cet homme : pour eux c’est seulement un agitateur ou un illuminé (les romains) ou bien pire un blasphémateur (les chefs Juifs). Pour le grand prêtre et les chefs religieux du peuple, c’est Jésus qui blasphème, et c’est à cause de cela qu’ils le condamnent à mort (Matthieu 26, 65.66). Jésus en croix est donc la victime innocente d’un procès bâclé qui l’accuse du péché de blasphème. Pierre, dans l’un de ses discours au peuple, reprend le contenu des paroles de Jésus en croix (« Ils ne savent pas ce qu’ils font ») : « Je sais que vous avez agi par ignorance, tout comme vos chefs » (Actes des Apôtres 3, 17).

Le deuxième « lieu » biblique se trouve dans les écrits de Saint Paul qui reprennent, eux aussi, la thèse de l’ignorance pour expliquer le drame de la Passion et de la mort en Croix du Fils de Dieu. Le passage clef se trouve dans la première lettre aux Corinthiens : « Cette sagesse (divine), aucun des grands de ce monde ne l’a connue. S’ils l’avaient connue, ils n’auraient pas crucifié le Seigneur de la gloire » (2, 8). Dans sa première lettre à Timothée, Paul relit l’histoire de sa conversion, son passage du statut de persécuteur des chrétiens à celui d’Apôtre du Christ. Nous comparerons différentes traductions dans un tableau synoptique :

Bible des Peuples Bible Osty Bible de Jérusalem Trad. liturgique
J’étais au début un contradicteur, un persécuteur et un violent. Mais il m’a pardonné car j’étais de bonne foi quand je refusais de croire… Moi qui étais auparavant blasphémateur, persécuteur, insolent. Mais j’ai obtenu miséricorde, parce que j’avais agi par ignorance, n’ayant pas la foi… Moi, naguère un blasphémateur, un persécuteur, un insulteur. Mais il m’a été fait miséricorde parce que j’agissais par ignorance, étranger à la foi… Moi qui autrefois ne savais que blasphémer, persécuter, insulter. Mais le Christ m’a pardonné : ce que je faisais, c’était par ignorance, car je n’avais pas la foi…

L’expérience de Paul mise en rapport avec la parole du Christ en Croix est très intéressante pour le sujet qui nous intéresse ici. Du côté de l’homme nous avons le blasphème, du côté de Dieu la miséricorde. Pourquoi ? Parce que cet homme agissait par ignorance sans avoir la foi. Parmi les musiciens de Metal qui profèrent des blasphèmes, combien ont-ils la véritable connaissance de Dieu et du Christ ? Combien sont-ils croyants ? Si Dieu fait miséricorde à ceux qui blasphèment par ignorance, qui sommes-nous pour nous permettre de les accuser et de les condamner ? Nous avons à suivre sur ce point comme sur tous les autres l’exemple du Christ : il prie pour ses persécuteurs et même les excuse auprès de son Père. Exemple qui sera repris par le premier des martyrs, Etienne (Cf. Actes des Apôtres 7, 60). Le premier devoir de la communauté chrétienne n’est pas de condamner mais de révéler par le témoignage le véritable visage de Dieu. C’est l’ignorance religieuse qui est en grande partie responsable du développement des idées sataniques chez tant de jeunes. Enfin n’oublions pas que nous avons été et que nous pouvons être encore aujourd’hui, en tant que chrétiens, les premiers responsables des blasphèmes de ceux qui ne partagent pas notre foi ou luttent contre elle. C’est le scandale du contre-témoignage rappelé par le Catéchisme de l’Eglise catholique :

« Il est encore blasphématoire de recourir au nom de Dieu pour couvrir des pratiques criminelles, réduire des peuples en servitude, torturer ou mettre à mort. L’abus du nom de Dieu pour commettre un crime provoque le rejet de la religion. » (n°2148).

Avant de chercher le mal chez les autres et de le condamner, la vertu d’humilité nous demande de reconnaître le mal dont nous sommes les auteurs. C’est ce que Jean-Paul II a fait avec grand courage lors du Jubilé de l’an 2000 au nom de tous les catholiques :

« Tandis que nous rendons grâces à Dieu qui, dans son amour miséricordieux, a suscité dans l’Eglise une récolte merveilleuse de sainteté, d’ardeur missionnaire, de dévouement total au Christ et au prochain, nous ne pouvons manquer de reconnaître les infidélités à l’Evangile qu’ont commises certains de nos frères, en particulier au cours du second millénaire. Demandons pardon pour les divisions qui sont intervenues parmi les chrétiens, pour la violence à laquelle certains d’entre d’eux ont eu recours dans le service à la vérité, et pour les attitudes de méfiance et d’hostilité adoptées parfois à l’égard des fidèles des autres religions.

Confessons, à plus forte raison, nos responsabilités de chrétiens pour les maux d’aujourd’hui. Face à l’athéisme, à l’indifférence religieuse, au sécularisme, au relativisme éthique, aux violations du droit à la vie, au manque d’intérêt pour la pauvreté de nombreux pays, nous ne pouvons manquer de nous  demander  quelles  sont  nos  responsabilités.

Pour la part que chacun d’entre nous, à travers ses comportements, a eue dans ces maux, contribuant à défigurer le visage de l’Eglise, nous demandons humblement pardon. »

Dans cette homélie du 12 mars 2000, Jean-Paul II nous demandait de regarder d’abord la poutre qui est dans notre œil avant de vouloir enlever la paille qui est dans l’œil de notre prochain (Cf. Matthieu 7, 1-5).

Après cet excursus nécessaire dans le cadre de notre questionnement initial, revenons à la notion de blasphème avec l’aide de Saint Thomas d’Aquin. C’est dans le second volume de la seconde partie de la Somme théologique qu’est traitée la question du blasphème (Question 13). Pour Saint Thomas d’Aquin, le blasphème s’oppose à la confession de la foi. Il est le plus grand des péchés, un péché mortel « par son genre ». A l’article 3, dans sa réponse à la première objection, Saint Thomas établit une distinction en comparant le péché de blasphème à celui d’homicide : « Pour ce qui est de l’homicide et du blasphème, si on les compare d’après les objets auxquels s’en prend le péché, il est manifeste que le blasphème, péché directement envers Dieu, l’emporte sur l’homicide, péché envers le prochain ». Objectivement (d’après son objet), le blasphème est donc le plus grave des péchés, et c’est pourquoi il est un péché mortel (qui tue la vie de Dieu en nous) « par son genre ». « Mais, poursuit le Docteur Angélique, si on les compare d’après leur effet de nuisance, alors l’homicide a la prépondérance, car il fait plus de mal au prochain que le blasphème n’en fait à Dieu ». Du point de vue des effets, c’est donc l’inverse qui est vrai : l’homicide est plus grave que le blasphème. Dans la question suivante (14), Saint Thomas aborde le blasphème contre l’Esprit-Saint. A l’article 3, il se demande si le péché envers l’Esprit-Saint est irrémissible. C’est dans ce contexte que le théologien évoque le rôle de l’ignorance et de la faiblesse humaine : « Celui en effet qui pèche par ignorance ou par faiblesse mérite une peine moindre ; mais celui qui pèche par véritable malice n’a pas une excuse par où sa peine puisse être diminuée. Pareillement aussi, ceux qui blasphémaient envers le Fils de l’homme, tant que sa divinité n’était pas révélée, pouvaient avoir quelque excuse dans ce fait qu’ils voyaient en lui une faible chair et ainsi méritaient-ils une peine moindre. Mais ceux qui blasphémaient la divinité elle-même en attribuant au diable les œuvres de l’Esprit-Saint, n’avaient aucune excuse par où la peine pût être diminuée ».

Le dominicain Jean-Louis Bruguès nous apporte, à la suite de Saint Thomas, un élément essentiel dans notre réflexion sur la nature du blasphème : « Sa gravité vient de ce qu’il se situe, non seulement sur le plan moral (le blasphème porte atteinte à la vertu de religion), mais encore sur le plan théologal : cette façon de mal parler de Dieu et de vouloir le déprécier s’oppose directement à la confession de la foi. Entendons-nous bien : il reste compatible avec la vertu théologale (de foi), car on n’aurait aucune raison de blasphémer, si on ne continuait pas à croire ou si on niait Dieu » (In Dictionnaire de morale catholique, page 69). Fidèle à Saint Thomas, le père Bruguès voit dans le blasphème le contraire de la profession de la foi. Mais il va plus loin. A l’époque de Saint Thomas, l’athéisme n’existait quasiment pas. Le père Bruguès souligne un fait important dans le contexte religieux contemporain : pour blasphémer, donc pour commettre ce péché grave, il faut admettre l’existence de Dieu (le blasphème est compatible avec la foi mais opposé à la profession de cette même foi). Donc un athée ne peut pas commettre le péché de blasphème puisque Dieu n’a aucune existence réelle à ses yeux. Cela n’aurait aucun sens d’insulter un être fictif ou légendaire. Saint Jacques pour affirmer l’importance des actes (charité) dans la vie du croyant n’hésite pas à écrire : « Montre-moi donc ta foi qui n’agit pas ; moi, c’est par mes actes que je te montrerai ma foi. Tu crois qu’il y a un seul Dieu ? Tu as raison. Les démons, eux aussi, le croient, mais ils tremblent de peur » (Jacques 2, 18.19). Les démons savent que Dieu existe et ils blasphèment son Saint Nom.

Terminons notre parcours à propos du péché de blasphème avec un texte du Catéchisme pour adulte des Evêques de France :

548 « Le refus de Dieu, à notre époque, prend des formes diverses, depuis l’athéisme serein ou militant jusqu’à l’indifférence. Il arrive même que, par une mystérieuse hostilité vis-à-vis de Dieu (dans laquelle le croyant peut déceler la présence de l’Adversaire), des hommes et des femmes cultivent une véritable haine du Seigneur, de tout ce qui l’évoque et de tous ceux qui l’invoquent. Littérature, presse et films nous montrent parfois ce genre de dérision et de blasphème alors que d’autres œuvres ouvrent sur le mystère de l’homme et de la vie spirituelle.

Il est donc important d’évangéliser la culture, les milieux et les mentalités pour que la référence à Dieu y trouve sa juste place et ne soit pas systématiquement écartée.

Mais ces refus, nous le savons, ont de multiples causes : surestimation de la connaissance scientifique, révolte devant le scandale du mal, notamment les injustices et la souffrance des innocents, répulsion à l’égard de Dieu et de la religion rencontrés dans leurs caricatures.

549 Certaines oppositions, toutefois, peuvent être plus proches d’une véritable attitude religieuse que des conformismes sans âme. N’oublions pas non plus que les saints eux-mêmes ont connu la tentation de se révolter contre le scandale de la souffrance: « Cela ne m’étonne pas, Seigneur, que vous ayez si peu d’amis, à la manière dont vous les traitez », disait sainte Thérèse d’Avila. Et le concile Vatican II, dans son Message aux pauvres, aux malades, à tous ceux qui souffrent, ose nous dire: « Le Christ n’a pas supprimé la souffrance; il n’a même pas voulu en dévoiler entièrement le mystère; il l’a prise sur lui, et c’est assez pour que nous en comprenions tout le prix. »

On doit donc se garder de juger ceux qui semblent refuser Dieu. L’indifférence et l’athéisme militant doivent nous trouver lucides sur le mal, mais humbles et respectueux des personnes. Le concile Vatican II souligne en même temps ce que peut être la responsabilité des chrétiens dans la genèse de l’athéisme: « Les croyants peuvent [y] avoir une part qui n’est pas mince, dans la mesure où, par la négligence dans l’éducation de leur foi, par des présentations trompeuses de la doctrine et aussi par des défaillances de leur vie religieuse, morale et sociale, on peut dire d’eux qu’ils voilent l’authentique visage de Dieu et de la religion plus qu’ils ne le révèlent » (Gaudium et Spes 19). »

Comme Jean-Paul II l’a fait en 2000, les Evêques de France, quelques années auparavant (1991), nous invitaient, en se référant au dernier Concile, à considérer quelle est notre part de responsabilité dans la genèse de l’athéisme et dans les blasphèmes. Le contre-témoignage donné par certains croyants est cause de scandale, et peut inciter d’autres à l’athéisme ou au blasphème. Les Evêques de France nous demandent de considérer d’abord toujours les personnes et de ne pas les réduire à leurs opinions, pensées ou paroles : « On doit donc se garder de juger ceux qui semblent refuser Dieu. L’indifférence et l’athéisme militant doivent nous trouver lucides sur le mal, mais humbles et respectueux des personnes ». Enfin une phrase du Catéchisme semble correspondre de manière précise à ce que vivent des musiciens et des fans de Metal dans leur rapport ambigu (Répulsion / attraction) à la religion : « Certaines oppositions, toutefois, peuvent être plus proches d’une véritable attitude religieuse que des conformismes sans âme ». Quelquefois des paroles « blasphématoires » proférées par des athées peuvent être l’expression d’une recherche spirituelle plus ou moins consciente…

Conclusion

Nous avons commencé cette réflexion avec l’image de l’arbre qui cache la forêt… Au terme de ce parcours, il convient de donner des éléments de réponse aux questions que nous avions formulées.

Qui sont donc les vrais satanistes aujourd’hui ?

Il est inutile de reprendre ici tous les éléments de réponse qui ont été déjà donnés au cours de l’argumentation. Deux textes bibliques nous aideront à récapituler tous ces éléments largement développés. Le premier se trouve au chapitre 7 de Saint Matthieu (21-23) : « Il ne suffit pas de me dire : ‘Seigneur, Seigneur !’ pour entrer dans le Royaume des cieux ; mais il faut faire la volonté de mon Père qui est aux cieux. Ce jour-là, beaucoup me diront : ‘Seigneur, Seigneur, n’est-ce pas en ton nom que nous avons été prophètes, en ton nom que nous avons chassé les démons, en ton nom que nous avons fait beaucoup de miracles ? Alors je leur déclarerai : ‘Je ne vous ai jamais connus. Ecartez-vous de moi, vous qui faites le mal ! » Jésus est clair : nous serons davantage jugés sur nos actes que sur nos paroles. Et Saint Paul ajoutera que sans la charité (ou l’amour) la foi ne sert de rien (1 Corinthiens 13, 2). Si nous voulons savoir qui sont les vrais satanistes aujourd’hui, cherchons les personnes qui commettent les actes mauvais et les choix égoïstes par lesquels notre monde et notre humanité souffrent et sont détruits… Certes une infime minorité de fans de Metal ont commis des actes condamnables (et d’ailleurs condamnés par la majorité de la communauté Metal) : profanations de tombes, incendie d’églises, homicides… Mais les grands maux (pauvreté, famine, inégalités, injustice, chômage, pollution, guerres, tortures, dictatures etc.) dont souffre notre humanité viennent, nous le savons, d’autres personnes que des fans de Metal participant au Hellfest… Les grands maux viennent d’ailleurs que de la communauté Metal… Le deuxième texte biblique est la grande fresque du jugement dernier en Saint Matthieu : « Chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces petits, à moi non plus vous ne l’avez pas fait » (25, 45). Le Christ glorieux, Roi de l’univers, s’identifie aux plus petits d’entre nous. Donc mépriser et bafouer la dignité d’un homme, surtout s’il est faible et sans défense, c’est s’attaquer au Christ lui-même. Etre satanique, ce n’est pas seulement proférer des blasphèmes, mais c’est aussi s’attaquer aux créatures de Dieu (l’homme et la femme, créés à son image) et à la création.

Jésus nous demande aussi d’être cohérents et justes : « Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux » (Luc 6, 31). C’est la version en positif d’une sentence de l’Ancien Testament : « Ne fais pas aux autres ce que tu n’aimerais pas subir toi-même » (Tobie 4, 15). Que répondrait un catholique à une personne qui lui dirait : Tous les prêtres sont des pédophiles ? Cette personne croyante se sentirait la victime d’une attaque injuste contre sa communauté, vu que, dans les faits, une infime minorité de prêtres sont concernés par ce scandale… Comment réagirait un militant pour le respect de la vie si on lui disait : Les personnes qui luttent contre l’avortement sont des fanatiques… ? En faisant allusion au fait que des médecins pratiquant des IVG sont tués aux Etats-Unis par des « défenseurs de la vie »… Alors mettons-nous dans la peau d’autrui, mettons-nous à sa place. Croyez-vous qu’un fan de Metal soit heureux quand il se fait traiter de sataniste, de brûleur d’églises et de profanateurs de tombes ? Ne ressent-il pas cela comme un jugement erroné, une profonde injustice envers sa communauté ? En tant que chrétiens nous avons à être justes et à traiter les autres comme nous aimerions qu’ils nous traitent. Aussi quand certains croyants mettent tous les métalleux dans le même sac (des personnes dangereuses, criminelles et sataniques) en ne dénonçant pas les vrais criminels de notre société, les puissants, les décideurs, les influents, ils ressemblent aux pharisiens hypocrites fustigés par Jésus : « Guides aveugles !  Vous enlevez le moucheron avec un filtre, et vous avalez le chameau ! » (Matthieu 23, 24). Ne faisons pas du Metal le bouc-émissaire des vrais maux de notre société. Un jeune métalleux remarquait avec justesse : « Regarde ce qui s’est passé aux Etats-Unis… On a accusé Marilyn Manson et sa musique d’être à la base du massacre (dans le lycée de Littleton), or on sait maintenant que les actes des jeunes tueurs étaient dus à l’anniversaire de la mort d’Hitler. Il est clair que le Metal sert de bouc-émissaire ».

Faut-il, au nom de la foi, censurer ? Faire interdire des concerts et des festivals de Metal ?

En 1985 est créée, sous la pression d’une association de parents, aux Etats-Unis, la mention : « Parental Advisory Explicit Content », destinée à être apposée sur les albums, essentiellement de Metal et de Rap, dont les paroles sont jugées choquantes ou immorales. Cette étiquette a été conçue dans le but de mettre en garde les parents et de les dissuader d’acheter certains CD. Cet essai de « mise en garde » a, dans les faits, été plutôt infructueux. Le fameux logo jouant davantage le rôle de publicité auprès du jeune public… Signaler un produit culturel comme mauvais ou dangereux peut avoir l’effet contraire : l’interdit attire, c’est bien connu !

Dans la continuité de l’histoire du logo « Parental Advisory Explicit Content », nous allons maintenant montrer, par quelques exemples, que ce n’est pas en présentant le Metal comme « une musique dangereuse » que l’on obtient automatiquement le résultat recherché : faire peur aux personnes qui s’intéresseraient à cette musique et à cette culture… et les en tenir éloignées. Dans mon étude de 2000 parmi les métalleux français, 9% d’entre eux ont affirmé avoir découvert le Metal grâce aux Media. Le plus surprenant, c’est que des émissions comme « Zone Interdite » sur M6, ont fait de la pub pour le Metal en le montrant sous un jour négatif… Voici le témoignage d’un sondé :

« L’année dernière, le magazine « Zone interdite » de M6 a fait un reportage sur le black metal, et curieusement j’ai accroché tout de suite, alors que le but d’un tel reportage était plutôt de dissuader les jeunes de se mettre à écouter ce style de musique ».

Le témoignage du très controversé Marilyn Manson (Brian Warner de son vrai nom), membre de l’Eglise de Satan, est lui aussi éloquent :

« Mon autre source imperturbable d’informations (sur le rock) a été l’école chrétienne. Tandis que Nick me branchait sur le heavy metal, l’école organisait des séminaires sur les messages subliminaux. Ils apportaient des disques de Led Zeppelin, de Black Sabbath et d’Alice Cooper et les passaient à fond sur la sono. Différents professeurs se mettaient à tour de rôle devant la platine pour, de l’index, faire tourner les disques à l’envers afin de nous expliquer le contenu de ces messages cachés. Bien évidemment, la musique la plus extrême, celle qui contenait les messages les plus sataniques, était exactement celle que je voulais entendre… puisque c’était interdit. Ils brandissaient des photos des groupes pour nous faire peur, mais tout ce qu’ils ont réussi à obtenir, c’est de me décider à porter les cheveux longs et une boucle d’oreille pour ressembler aux musiciens des pochettes » (in Mémoires de l’Enfer, p.26).

Son école chrétienne organisait des séminaires contre le Rock, ce qui a bien sûr attiré le jeune Brian vers les groupes les plus sataniques par goût de l’interdit. Cela rejoint le contenu d’une réponse à mon questionnaire. Ce qui m’a attiré vers le Metal au début ? C’est le « côté agressif, mystérieux et interdit ». Une autre personne a été intriguée par « les pochettes et leur graphisme souvent censuré ».

Si en France, un festival comme le Hellfest a suscité des réactions « politiques » demandant aux collectivités locales de ne plus financer par des subventions « un festival de haine » ou encore obtenant de certains sponsors le retrait de leur logo (Coca Cola), dans des pays fortement catholiques comme la Pologne il y a eu des demandes d’interdiction de concerts. Un évêque polonais, Mgr. RYCZAN, s’est en effet élevé publiquement contre un concert de MANSON à Varsovie en demandant aux autorités civiles son interdiction pure et simple. Commentaire de Twiggy RAMIREZ, le bassiste du groupe : « Plus on nous censurera, plus on sera méchant ». Le groupe polonais de Metal Vader a aussi donné son opinion sur les interventions de l’Eglise polonaise : « L’Eglise catholique exerce une forte pression sur les autorités et une proportion énorme des concerts est annulée… Nous ne sommes pas contre les croyances personnelles. Nous sommes contre la manipulation, le fait que des gens essayent d’en contrôler d’autres en utilisant leur croyance ». Cette intervention d’un évêque en collusion avec le pouvoir politique a été ressentie par les groupes et les fans de Metal comme liberticide. Nous pourrions comparer avec la mise à l’index de certains livres jugés dangereux pour les catholiques :

L’Index librorum prohibitorum (index des livres interdits) — aussi appelé Index expurgatorius, Index librorum prohibitorum juxta exemplar romanum jussu sanctissimi Domini nostri — est une liste d’ouvrages que les fidèles n’étaient pas autorisés à lire, des « livres pernicieux », accompagnée des règles de l’Église au sujet des livres. Le but de cette liste était d’empêcher la lecture de livres jugés immoraux ou contraires à la foi.

Le premier « Index » date de 1559. Blaise Pascal a fait partie des auteurs mis à l’Index ! Paul VI en supprimant la mise à l’Index des livres le 14 juin 1966, suite au Concile Vatican II, donnait alors un signe fort de la part de l’Eglise. Deux ans auparavant il avait exposé dans l’encyclique Ecclesiam Suam sa conception du rapport entre l’Eglise et un monde de plus en plus sécularisé :

« Il est clair que les rapports entre l’Eglise et le monde peuvent prendre de multiples aspects, différents les uns des autres. Théoriquement parlant, l’Eglise pourrait se proposer de réduire ces rapports au minimum, en cherchant à se retrancher du commerce avec la société profane  ; comme elle pourrait se proposer de relever les maux qui peuvent s’y rencontrer, prononcer contre eux des anathèmes et susciter contre eux des croisades ; elle pourrait au contraire se rapprocher de la société profane au point de chercher à prendre sur elle une influence prépondérante, ou même à y exercer un pouvoir théocratique , et ainsi de suite. Il nous semble au contraire que le rapport de l’Eglise avec le monde, sans se fermer à d’autres formes légitimes, peut mieux s’exprimer sous la forme d’un dialogue, et d’un dialogue non pas toujours le même, mais adapté au caractère de l’interlocuteur et aux circonstances de fait (autre est en effet le dialogue avec un enfant et autre avec un adulte ; autre avec un croyant et autre avec un non croyant). Ceci est suggéré par l’habitude désormais répandue de concevoir ainsi les relations entre le sacré et le profane, par le dynamisme qui transforme la société moderne, par le pluralisme de ses manifestations, ainsi que par la maturité de l’homme, religieux ou non, rendu apte par l’éducation et la culture à penser, à parler, à soutenir dignement un dialogue.

Cette forme de rapport indique une volonté de courtoisie, d’estime, de sympathie, de bonté de la part de celui qui l’entreprend ; elle exclut la condamnation a priori, la polémique offensante et tournée en habitude, l’inutilité de vaines conversations. »

Alors il semble évident que les chrétiens ont à éviter ce genre d’interventions : censurer ou faire interdire. Ils peuvent dire leur désaccord quand leur foi est ridiculisée ou injustement critiquée. Mais nous avons toujours, dans la ligne de Paul VI, à privilégier le dialogue et à respecter la liberté d’autrui même quand elle blesse profondément nos convictions. Enfin nous devons comprendre que ce n’est pas en présentant le Metal de manière tendancieuse et caricaturale, comme une musique dangereuse et satanique, que nous dissuaderons les jeunes d’en écouter et de l’aimer…

Avec un brin de provocation, mais à peine, je dirais à des parents inquiets pour leurs enfants voulant se rendre à un festival ou à un concert de Metal : c’est beaucoup moins dangereux pour eux que d’intégrer l’Ecole des Arts et Métiers ! Malgré la loi du 17 juin 1998 interdisant le bizutage (« Le fait pour une personne d’amener autrui, contre son gré ou non, à subir ou à commettre des actes humiliants ou dégradants lors de manifestations ou de réunions liées aux milieux scolaire ou socio-éducatif ”), il est de notoriété publique qu’un jeune entrant dans cette école doit passer pendant une longue période (trois mois) des épreuves humiliantes et dégradantes. Mais les personnes bien pensantes ferment les yeux, et l’Etat le premier, qui vote des lois pour protéger les jeunes dans ces écoles mais ne les fait pas respecter. Tiens, il me vient une idée à l’esprit : on devrait demander à l’Etat de ne plus subventionner l’Ecole des Arts et Métiers… Car le bizutage qui s’y déroule au nom des « traditions » est beaucoup malsain que tout ce que l’on peut vivre dans un festival comme le Hellfest.

Les paroles de Carolyn Cole, l’ancienne directrice de l’Heritage Christian School, dans laquelle Marilyn Manson a été scolarisé, me serviront de conclusion (temporaire !) :

« J’aimerais demander à Marilyn Manson : ‘Ai-je influencé quelque part ta façon de vivre ?’ Je ne cesse de m’interroger : ‘Hé, aurais-tu dû agir autrement ?’ »

Written by prohellfest

juillet 3, 2009 à 10:04

5 Réponses

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  1. « Les diamants et les perles, après l’esprit de discernement, sont ce qu’il y a de plus rare au monde », disait Boileau. Félicitations donc, mon père, pour votre esprit de discernement. Moi-même catholique, j’ai pourtant pu jouer à ce festival – cette année – sans ressentir ce léger chiffonnement de l’âme au contact du péché.
    Salutations respectueuses,
    Amaury

    Derand

    juillet 7, 2009 at 7:57

  2. Point de vue tout à fait interessant qu’il serait interessant de présenter à nos detracteurs dans le cadre d’un dialogue sain et constructif
    Car ceux qui prechent l’amour sont malheureusement les premiers à se montrer sectaires et à faire des amalgames… le metal est aussi quoi qu’ils en pensent un courant MUSICAL à l’heure actuelle le plus actif en france que ce soit dans l’underground des bars degeus ou le devant de la scene et des zenith bercys etc….
    longue vie aux hellfest et à la culture alternative

    troma

    juillet 7, 2009 at 8:01

  3. Bravo pour ce texte très bien écris et très bien documenté.
    OUI, on peux être catholique et écouter du Metal.
    OUI, on peux écouter du Metal, être athée sans pour autant détester Dieu ou sans vénérer son adversaire.

    Monsieur Robert Culat, merci d’expliquer à ces associations d’incultes que le satanisme dans le Metal est composé à 98% de « folklore ».

    Le milieu Metal contient autant de satanistes que l’Eglise Catholique contient de curés pédophiles. C’EST A DIRE UNE MINORITÉ !

    Chers militants anti-Hellfest, renseignez-vous avant de mordre, vos arguments sont d’une incroyable faiblesse, votre ignorance fait pitié et me ferait presque honte d’appartenir à la même religion que vous.

    Personne ne vous a donc dit que TOM ARAYA (SLAYER) ou encore OZZY OSBOURNE (BLACK SABBATH) sont Catholiques pratiquants ? Le « satanisme » n’est pour eux, comme pour la plupart des fans de Metal, qu’un ornement, une image avec laquelle jouer.

    Longue vie au Hellfest !

    RODRIGUO

    juillet 8, 2009 at 3:51

  4. Vraiment très bon texte!
    Comme vous le savez, le satanisme dans le metal est une image commerciale…
    On voit de moins en moins de groupes de black metal parlant actuellement de satan, ils en parlent mais moins que dans les 90’s…
    Les groupes de black sont obligé de faire des textes sur la brutalité actuellement, le chaos…
    Satan ne fait plus vendre…

    Ensuite, je pense que le meilleur moyen pour le hellfest d’aquérir une bonne image est de demander au député Mr ROY de parler du festival hellfesfet à l’assemblée national. Lui qui défend le metal depuis longtemps…
    Assemblée nationale qui diffuse les émissions les après midi, pour çà, je pense que que la diffusion de Mr ROY qui défend le hellfest, çà veut être gros, même çà peut être un très gors poisson!

    Bon, maintenant, je propose seulement une idée qui me semble bonne.

    Bonne continuation!

    Alsvarth

    juillet 9, 2009 at 10:27

  5. Bravo! Voila une argumentation solide et très bien construite!! Une bonne arme contre l’ignorance, les amalgames, les conclusions hâtives, l’ignorance, la peur, l’obsurantisme.

    Je suis catholique et j’aime le métal et il n’y a aucune incompatibilité!!
    Cette année j’ai passé 3 jours de rêve au Hellfest… Pourquoi?

    Tout d’abord parce que les concerts étaient très bons mais encore et surtout pour l’ambiance qui régnait sur ce festival! Tout le monde était là pour la même chose, à savoir la musique! Et de ce fait tout le monde était ravi d’être là et j’avais l’impression que même si je ne connaissais évidement pas tous les participants au Hellfest j’étais quand même lié à eux comme une sorte de grande famille où l’on aurait tous été frères. Et ça j’ai adoré…
    Parce que pendant 3 jours je n’ai fait que rencontrer des gens aimables car heureux d’être là. Et je peux vous dire que rencontrer autant de gens sympathiques, sans préjugés et sans agressivité cela m’a fait bizarre moi qui habite Paris et qui suis habituée à l’agressivité, l’égoïsme et parfois l’aigreur de tous ces gens inconnus dont je croise la route en sortant de chez moi.

    Hé oui! Là où j’ai rencontré le plus d’amour et de joie de vivre ça n’est pas auprès des paroissiens de mon église qui fuient vite après la messe, ni auprès de n’importe quelle foule agglutinée dans le métro, mais au Hellfest, festival de métal dont certains ignorants prétendent qu’il véhicule un message de haine!

    Car retenez que l’amour pour la musique a cette qualité de se transformer en amour entre les amoureux de la musique…

    Sur ce, longue vie au Hellfest!

    Blanche

    juillet 9, 2009 at 12:49


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